Il y avait une classe, voire deux classes d’écart entre Milos Raonic et Novak Djokovic à Roland-Garros mardi après-midi. Pour son premier quart de finale en Grand Chelem, le jeune Canadien n’a pas réédité sa performance du Masters 1000 de Rome, il y a quelques semaines, où il avait poussé le n°2 mondial dans ses derniers retranchements. Surtout, le tout frais Top 10 a pu mesurer le chemin qu’il lui reste encore à parcourir pour vaincre un sextuple vainqueur de Majeurs, a fortiori au meilleur des cinq manches.

Tennistiquement, Raonic n’avait pas les armes pour inquiéter un Djokovic si solide depuis plusieurs tournois. Son atout majeur (le service, pour ceux qui n’auraient pas suivi) lui a permis de retarder l’échéance dans ce match, mais jamais d’inquiéter le Serbe, la faute à un jeu encore trop “aléatoire”, pour paraphraser Gilles Simon. Sa seule balle de break du premier set, à 3-3, il l’a gâchée d’un slice de revers complètement manqué. Raonic est peut-être un métronome lorsqu’il s’agit d’aligner de grosses premières à 220 km/h, mais c’est bien le “Djoker” qui a donné le tempo du match. En variant les effets, en usant du contre-pied et de l’amortie, en donnant le moins possible de grain à moudre au bras armé de son adversaire. Et surtout, en accélérant au moment le plus décisif.

Et maintenant, Gulbis
Car la différence était aussi là. Si Raonic disputait donc son premier quart de finale en Grand Chelem, pour Djokovic, c’était le 20e consécutif (*). Le Serbe avait non seulement plus d’armes, mais également plus de bouteille pour savoir quand et comment les utiliser. Quand Raonic a commis deux doubles fautes à 5-6, “Nole” a sauté sur l’occasion et l’a planté d’un parfait passing de revers long de ligne avant de le forcer à jouer une volée trop difficile sur la balle de set. Dans le tie-break de la deuxième manche (routinière au possible), Djokovic a serré le jeu avant de conclure en servant avec beaucoup d’effet sur le revers de Raonic. Une partition jouée à la perfection.

Après avoir assommé à la bête, il ne restait plus qu’à l’achever. Ce qu’a fait Djokovic en remettant un coup de collier au début du troisième set (4-0), pour prévenir la réaction d’orgueil de Raonic, qui s’est limitée à un débreak (6-4). Impressionnant de maîtrise, le Belgradois passe ses tests (Cilic, Tsonga avant Raonic) avec mention très bien. S’il y en a un qu’un semble en mesure de ne basculer dans la folie furieuse d’Ernests Gulbis en demi-finale, c’est bien lui.

(*) C’est également la 15e demi-finale sur les 16 derniers tournois du Grand Chelem pour Djokovic.


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