Pour décrire Jafar Panahi, le réalisateur iranien dont le film Taxi Téhéran sort en salles en France ce 15 avril, rien de mieux que cette phrase prononcée par sa fille, Solmaz, qui vit à Paris et qui est en contact permanent avec son père en Iran : « S’il veut faire quelque chose, il le fera, et personne ne pourra l’arrêter. » Car Jafar Panahi continue à réaliser des films dans son pays et à les diffuser à l’étranger alors qu’il est condamné, depuis 2011, à de lourdes peines : six ans de prison et vingt ans d’interdiction de pratiquer son métier de réalisateur, d’écrire des scénarios, de parler aux médias et de quitter le territoire iranien.

Pour Jafar Panahi, les ennuis ont commencé en 2010. Alors que le réalisateur était en train de réaliser clandestinement un film sur le mouvement de contestation né à la suite de la réélection controversée de Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009, il a été arrêté avec sa famille et ses collaborateurs. L’auteur des films Le Cercle et Le Ballon blanc a passé trois mois dans la prison tristement célèbre d’Evin à Téhéran, où il a fait dix jours de grève de la faim avant d’être libéré sous caution. A présent, bien que Jafar Panahi soit libre, il peut à tout moment être convoqué en prison pour purger sa peine. Mais rien ne pourra le faire reculer.

La prison lui a inspiré de nouvelles idées : dans le premier film réalisé après ce triste épisode, Ceci n’est pas un film (2011), l’Iranien raconte une journée de sa vie passée à l’intérieur de sa maison. Panahi y met en scène, avec…

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